| Présence juive à Anvers (1) Le choix de réaliser un reportage sur une présence juive, quelle soit à Anvers (Belgique) ou ailleurs, peut sembler, dans le politiquement correcte actuel aux relents antisémites / antisionistes ainsi que sous la pression des récents développements de lactualité, une entreprise hasardeuse. Cela dit et nayant pas grand-chose à gagner du côté du politiquement correcte, voici, en complément à mes photographies, quelques réflexions sur mes premiers contacts avec cette communauté. La communauté juive dAnvers compte environ 20.000 personnes. Cest un des derniers shtetls dans le monde. Ses membres vivent principalement dans le quartier au sud-ouest de la Gare centrale. 80 % de la population active de cette communauté travaillent dans lindustrie du diamant. Cette industrie joue un rôle significatif dans le développement de la santé économique de la ville. Religieusement parlant, Il y a une minorité dOrthodoxes modernes et une majorité dultra Orthodoxes. Cest principalement cette majorité que je rencontre après avoir quitté les abords immédiats de la gare. Ce qui me frappe quand je déambule dans ces rues, ce sont les gens. Ils sont effectivement différents. Leur différence mest encore plus évidente car elle contraste (pour leuropéen moyen que je suis) avec la normalité du décor. Il ny a pas, visiblement, de volonté de la part de cette communauté de transformer, de changer lapparence, dimposer une couleur particulière à lenvironnement plutôt grisâtre dans lequel elle vit. Toute la différence semble se concentrer dans lintériorité de ses membres, dans une espèce de conscience dêtre soi-même, empli dune certaine assurance du droit inaliénable à lexistence tel quils sont. Certes, ils ont des signes extérieurs distinctifs : barbe généreuse, habit et chapeau noir pour les hommes - tenue sombre et coiffe nouée dans les cheveux pour les femmes - coiffure typée surmontée de la kippa pour les garçons - longue jupe sobre et probablement trop chaude pour les filles. Mais malgré ces différences qui ne sont que de lordre de lextérieure, je résumerais cette première expérience comme la rencontre avec un particularisme certain, vécu sans fausse timidité ni replis sur soi exagéré, et qui dégage une atmosphère non-oppressante pour lautre. Ce mélange de particularisme et datmosphère non-opprimante favorise, chez lautre (moi, en loccurrence), la liberté et le désir dêtre également soi-même ainsi que non-oppressant pour lautre (eux, en loccurrence). Je peux vous assurer que le contraste, entre cette atmosphère que je quittais et celle qui régnait à quelques centaines de mètres de là, dans la rue commerçante qui relie la gare au centre-ville, est faramineux. Malgré les mille et une couleurs de la mode, lénorme diversité des styles et lapparente liberté totale (totalitaire ?) dans les manières dêtre qui saturaient cette rue, je nai pu découvrir la même liberté dêtre moi-même, sans parler de la possibilité de donner cette liberté à lautre tant il semblait peu enclin à accueillir mon don. Bon, je devais sans doute être trop fatigué après avoir tant marché et photographié Jai rapidement repris le train pour rentrer à la maison tout en faisant un petit crochet par ma librairie habituelle pour voir si, au bas de leur étagère consacrée à la religion, il ny avait pas, par hasard, un livre traitant de la pensée juive |
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