14h10, je me fraie péniblement un passage vers le podium principal, grimpe sur l'estrade où les personnalités sont déjà bien loin dans l'expression de leur colère, me dandine comme un canard vers le devant et, tournant le dos aux orateurs, me place à hauteur des premières rangées de manifestants. Contacts avec les premiers visages. Quelques jeunes, sans doute troublés par le peu de distance que je laisse entre la lentille frontale de mon objectif et la pointe de leur nez, décorent leur visage d'un léger sourire surpris puis se le recouvrent du keffieh, par réflexe identitaire ou doute sécuritaire, je ne sais. Certains adultes réclament le micro pour crier sans retenue leurs frustrations. Je me retourne malgré tout vers le dernier orateur et déclenche plus d'une fois. Celui-ci met tout ce qui lui reste de mépris pour Israël dans sa voix amplifiée et appelle maintenant toute la foule surexcitée à marcher, dans la dignité et le calme, comme il se doit. Les esprits bouillonnent…

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