Dans mon texte original, j'avais utilisé l'expression "les adolescents mâles" à la place de celle ici utilisée, "les jeunes hommes". Voici les raisons de mon changement ainsi que quelques commentaires.

Un lisant ce texte à un petit groupe d'amis - tous amateurs de photographie - et en leurs montrant les photos de ce reportage, l'un deux, en plus d'être en désaccord sur presque tout ce qui constitue le fond et la forme de celui-ci, me signala qu'il considérait l'expression que j'avais utilisée, "les adolescents mâles", comme une sorte de terme honteux, digne de la pire littérature raciste, et symbolisant à lui seul le caractère inutilement inflammatoire de mon texte et de mes photographies, l'ensemble de la démarche qu'il n'hésita pas à qualifier de manipulation d'images. J'aimerais essayer, ici, de mieux lui dire ce que signifie pour moi l'expression "les adolescents mâles" ou autre "jeunes mâles" en lui donnant deux exemples de situations dans lesquelles j'utilise, ou j'utiliserais sans arrière-pensée, cette expression. Par exemple, il m'arrive de parler "d'adolescents mâles" ou de "jeunes mâles" pour qualifier les jeunes gens qui, déjà depuis quelques années maintenant - et le phénomène ne semble pas devoir s'arrêter - gravitent autour de mes filles (des adolescentes) dans l'espoir d'attirer leur attention. J'observe cela du haut de la position d'un père de 52 ans avec un grand intérêt et, même si cela semble sonner le glas d'une époque où j'étais en tant que père une sorte de héros aux yeux de mes petites filles, c'est avec une certaine résignation que j'accepte la présence de ces "adolescents mâles", de ces "jeunes mâles". J'utiliserai également volontiers l'une ou l'autre de ces expressions pour, lors d'une première visite d'un invité, fièrement lui présenter mon fils de 10 ans. Je lui dirais avec un grand sourire : voici le "jeune mâle" de la famille, digne héritier de la masculinité que la vie à inscrite en moi, tout comme mes filles le sont pour la féminité qui leurs a été donnée par leur mère. Il va sans dire, et j'espère que mon ami s'en rendra compte, que cette expression ne porte en elle aucune, mais aucune trace de racisme ou d'une quelconque dépréciation de ma part pour ceux à qui j'appliquerais ce label. Ce serait un comble en rapport à mon propre fils, qui je le précise pour les lecteurs qui ne me connaîtraient pas, est métisse (eurasien) et que j'essaye d'entourer, bien qu'imparfaitement, de tout l'amour que je possède.

Néanmoins, comme il s'agissait d'un ami, sa critique, en tous cas sur ce point, ne pouvait me laisser indifférent. En rentrant chez moi le soir, j'interrogea mon moteur de recherche avec l'expression "adolescent mâle" afin de voir dans quels types d'environnements elle était le plus souvent utilisée. 95% des 3 premières pages sur Google - je n'ai pas été plus loin - me renvoyaient vers des sites d'études ethnologiques ou sociologiques, l'expression semblant avoir une connotation scientifique. Cela ne me troubla pas. Une même recherche, mais cette fois avec l'expression de "jeune mâle", ne fut pas si heureuse. Presque 100% des 3 premières pages me renvoyaient vers des sites pornographiques. Toutefois, je dois préciser qu'aucune de ces recherches ne me dirigea vers un site raciste, extrémiste ou ayant un quelconque rapport avec l'une ou l'autres des tendances honteuses bien trop répandues de notre société libérée. Ainsi afin éviter toutes confusions, cette dernière constatation me décida de changer d'avis et, ne voulant pas avoir la malchance de m'associer avec la tendance de ces sites, je décidai d'ôter de mon texte "les adolescents mâles" et de la remplacer par "les jeunes hommes".

Merci à mon ami pour sa critique. Je suppose, et il aurait raison de le faire, qu'il trouvera que même si le sommet de l'iceberg qu'il a vu dans mon texte a ainsi disparu, ce monstrueux mastodonte sévit encore dans le reste de celui-ci. Mais cela est où notre désaccord de s'estompera pas.