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A l'initiative de Samuel Delcroix, professeur de
photographie à l'IEPS de Jemappes, je donnerai
le vendredi 11 décembre 2009 une causerie
photographique intitulée "Vera Icon".
Je tenterai d'y explorer le concept de "vraie image".
Les photographies présentées ici me serviront
de base à cette exploration. Ci-dessous, un texte
d'introduction au thème de la soirée.
Informations sur http://le-journal.skynetblogs.be
Et si je devais montrer mes photographies pour une dernière fois,
pour en faire une dernière exposition, que montrerais-je ?
Au départ du questionnement sur cette possibilité qui m'est
soudainement et récemment apparue, le désir de comprendre,
encore une fois, ce qu'est une photographie a produit le choix
d'images que ce petit livre contient. Issues de reportages divers,
ne traitant ni d'un thème particulier ni d'un sujet localisé dans
un temps ou dans un espace déterminés, ne prétendant ni à
la grandiosité de la rétrospective ni à la solennité d'une sélection
finale - la recherche s'est plutôt effectuée dans un stock d'images
parmi les moins montrées -, mon choix a été dicté par ce simple
critère : la photographie présentée est-elle une vraie image ?
Ici, la question n'est pas de savoir si une photographie est sans
retouche ou si elle a subit une quelconque forme de trucage,
ce qui aux dires de certains lui ferait perdre sa qualité de vérité,
de véracité. Non, c'est d'autre chose dont il est question.
Qu'est ce qu'une "vraie image" en photographie ? Qu'est-elle
pour moi, puisque je ne peux vous offrir ici que ma conviction
personnelle sur ce point. Je vais essayer d'y répondre le plus
simplement possible.
La photographie est liée à la lumière et c'est elle qui autorise,
par l'artifice technique de l'appareil photographique, la capture,
dans une surface donnée, d'un instant choisi. Elle permet donc,
et c'est cela sa particularité comme moyen d'expression,
de saisir en une fraction de seconde un instant fugace, mouvant,
issu de la vie. Pour moi, l'idée de l'instant photographique est
liée à la notion d'image vraie.
Dans la prise de vue photographique, deux instants s'unissent.
D'une part, la réalité, comme une suite d'instants s'enchaînant
sans discontinuité, en comporte parfois un, particulier,
dont la qualité première est de concrétiser, de symboliser,
de résumer, de condenser l'essence même de l'événement
s'inscrivant dans cette réalité. C'est le premier instant, celui
du monde autour de nous. D'autre part, le photographe, comme
un être fait d'états émotionnels et intellectuels, de préoccupations,
de désirs, de passions, de préjugés, d'appréhensions et de bien
d'autres choses encore, se trouve être là à un moment singulier
de cet événement. L'instant qu'il va choisir pour appréhender
l'événement va être teinté, immanquablement, de son propre état.
Cet instant, le second, est celui du monde à l'intérieur de nous,
celui de cet homme appelé photographe. Les deux mondes
s'unissent quand, dans un nouvel instant unique et autonome,
à la frontière du magique, de l'incompréhensible, de l'ineffable
mais aussi sous l'effet d'un état d'attention, de tension,
de précision et de conscience aiguës, les deux instants se
fondent pour ne plus former qu'une entité : la photographie vraie,
la vraie image où vérités de l'événement et du photographe
se confondent dans une harmonie momentanée mais oh
combien précieuse. Ainsi, tout comme celle recueillie par
compassion sur le linge de la Véronique biblique, l'image,
surpassant à la fois l'événement et celui qui le rapporte,
peut alors entamer sa carrière et devenir une vrai image,
une vera icon.
Patrick Tombelle, décembre 2009
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